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Un été à l’Institut Robert Badinter : s’initier à la recherche au croisement du droit et des sciences sociales 

Chaque année, l’Institut Robert Badinter accueille des étudiantes et étudiants, jeunes chercheurs et professionnels en devenir, dans le cadre de missions d’appui à la recherche et à la valorisation des connaissances. Ouvertes à des profils variés, leurs missions s’inscrivent dans la vocation première de l’Institut : promouvoir une recherche vivante et interdisciplinaire.

De gauche à droite : Salomé Grente-Sibout, Antoine Swirog, Oona Cox, Joigneau Bah 

Encadrées par des membres de du pôle scientifique de l’Institut, les missions d’été offrent aux stagiaires l’opportunité d’explorer concrètement les multiples facettes de la recherche appliquée : veille, participation à des enquêtes, rédaction, mise en valeur de contenus scientifiques, appui à l’organisation d’événements ou encore contribution à des travaux exploratoires auprès de leurs collègues de l’Institut.  

Pour Antoine Swirog, étudiant en sciences sociales, parcours droit, à l’École Normale Supérieure de Paris, titulaire d’un Master 2 en théorie du droit à l’université Paris-Nanterre et futur étudiant en Master 2 Justice et droit du procès à l’université Paris-Panthéon-Assas, rejoindre l’Institut Robert Badinter s’est imposé comme une évidence. Il apporte sa contribution à une étude dans le passage au style direct des arrêts de la Cour de cassation. « L’interdisciplinarité, avec ses croisements de savoirs et de méthodes, est au cœur des activités de l’Institut. » explique celui qui débutera en septembre sa thèse à la rentrée sur le dialogue entre la Cour de cassation et les juges du fond, co-dirigée par les professeures Cécile Chainais (Panthéon-Assas) et Pascale Deumier (Lyon III).  

Au-delà des compétences mobilisées, ces missions sont souvent l’occasion de découvrir la richesse des métiers liés au droit hors des sentiers traditionnels, dans des environnements de travail collaboratifs et exigeants. « Le caractère pluridisciplinaire de la pratique juridique à l’Institut Robert Badinter est, à mon sens, l’aspect qui rentre le plus en cohérence avec ma formation. Ce que j’ai découvert ici, c’est une autre manière de faire du droit : plus ouverte, plus transversale. » explique Salomé Grente-Sibout, étudiante en deuxième année au CPES (cycle pluridisciplinaire d’études supérieures) du lycée Henri-IV, spécialisée en lettres, droit et sciences politiques. Sa mission cet été à l’Institut : rassembler des données contentieuses en vue de la préparation d’une série d’ateliers sur la notion de consentement en 2026. « Une manière de m’initier aux pratiques concrètes de la recherche juridique ! » 

Une dynamique mutuellement enrichissante 

Accueillir chaque été de jeunes stagiaires constitue un choix pleinement assumé par l’Institut, dans une perspective de transmission mais aussi de renouvellement intellectuel. Doublement diplômée de droit français et de droit anglais aux Universités de Paris Nanterre et d’Essex (Royaume-Uni) et future étudiante en master de droit de l’environnement à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Oona Cox a trouvé à l’Institut un espace en résonance avec ses aspirations : « L’Institut Robert Badinter, par ses appels à projets et financements de recherches en droit de l’environnement, me permet de découvrir tout le domaine professionnel rattaché à cette thématique ». Pour Oona, l’Institut est à la fois « dynamique » dans ses productions, et « chaleureux » dans son fonctionnement interne.  

C’est une manière concrète de faire vivre la mission pédagogique de l’Institut : former par la pratique, susciter la curiosité, encourager la prise d’initiative. « J’ai étudié les métiers du livre, et je m’intéresse beaucoup à la manière dont on peut transmettre des savoirs, même complexes, à différents publics. Ce stage me permet de travailler à la frontière entre l’éditorial et la recherche », explique Joigneau Bah, étudiante en master 1 d’édition qui participe au sein du pôle veille et ressources, au référencement des ressources pour la valorisation des travaux de recherche. 

C’est également une chance pour l’équipe permanente, à travers les regards neufs et les questionnements des stagiaires, les projets se nourrissent d’autres perspectives. Cela traduit aussi une conception active de la recherche, envisagée comme un travail collectif. Proposer des stages, c’est beaucoup plus qu’un coup de main ponctuel pour l’Institut. C’est un choix stratégique et humain : cela oblige à transmettre, à expliciter, à prendre du recul. Cela crée du lien entre générations, disciplines et façons de penser.

Plus largement, cette politique d’accueil illustre la volonté de l’Institut de favoriser le dialogue entre disciplines et parcours. « Même sans être juriste, on trouve sa place à l’Institut. C’est un lieu qui valorise les regards multiples sur la justice » conclut Joigneau Bah. 


© claireruiz.photographie/ Institut Robert Badinter