Les anthropologues et historiens du droit s’accordent sur le fait que toutes les civilisations du monde ont, hier ou aujourd’hui, adopté un système juridique traditionnel que l’on a rangé dans la catégorie des « coutumes ». Ce sont plusieurs dizaines de milliers d’ensembles coutumiers qui se sont ainsi développés sur terre et qui, pour certains continuent à s’appliquer, en marge du système juridique moderne (Asie, Océanie, Afrique, Amérique).
Par nature oraux et évolutifs, ces ensembles coutumiers ont été, pour une part et pour des raisons diverses, mis par écrit. Cela permet d’en connaître le contenu, de les étudier, de les comparer ; mais cela a aussi profondément modifié le concept même de coutumes : rédigées, celles-ci sont désormais fixées et officialisées par des signes écrits.
Le projet BIDDC a constitué une base de données de ces ensembles coutumiers, publiés dans leur langue officielle de promulgation et traduits en français, anglais et espagnol. Trois conclusions ressortent de l’analyse de la mise par écrit de ces coutumes. Tout d’abord, la mise par écrit des traditions fixe la règle, la coutume ainsi écrite et promulguée devient source de droit pour le législateur. Ensuite, le recensement de ces ensembles coutumiers a permis de dégager une typologie des mises par écrit et de distinguer trois critères déterminants dans le processus d’écriture : qui opère la mise par écrit, l’objectif poursuivi et l’effet produit sur les traditions. Enfin, ce travail a permis de tracer une histoire des mises par écrit en Amérique du Nord, Amérique Latine, Europe, Afrique, Moyen-Orient, Inde, Asie de l’Est et Polynésie.
Pour consulter la base de données : https://www.legiscompare.fr/web/?Base-Internationale-de-Donnees-sur-les-Droits-Coutumier
Résumé en Anglais / English version below
Anthropologists and legal historians agree that all civilizations around the world, both past and present, have adopted a traditional legal system that has been classified as “customary law.” Tens of thousands of customary systems have developed around the world, some of which continue to apply alongside
modern legal systems (in Asia, Oceania, Africa, and the Americas).
These customary systems, which are oral and evolving by nature, have been written down for various reasons. This makes it possible to know their content, study them, and compare them, but it has also profoundly changed the very concept of customs: once written down, they are now fixed and formalized by written signs. The BIDDC project has compiled a database of these customary law systems, published in their official language of promulgation and translated into French, English, and Spanish.
Three conclusions emerge from the analysis of the written recording of these customs. First, writing down traditions establishes rules, and customs that are written down and promulgated become sources of law for legislators. Second, cataloging these customary practices has made it possible to identify a typology of written records and to distinguish three determining criteria in the writing process: who does the writing, the objective pursued, and the effect produced on traditions. Finally, this work has made it possible to trace the history of written records in North America, Latin America, Europe, Africa, the Middle East, India, East Asia, and Polynesia.
To consult the database : https://www.legiscompare.fr/web/?Base-Internationale-de-Donnees-sur-les-Droits-Coutumiers
